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30 août 2006

Dépolitisons et Flexisécurité...

... sont dans un bateau : aucun des deux ne tombent à l'eau.
Parce que Dé-po-li-ti-sons retient Fle-xi-sé-cu-ri-té par le fond de culotte pendant qu'ils ont tous deux jetés par-dessus bord les femmes, les enfants ainsi que tous les autres gueux.

 

Notre incomparable Laurence "J'ai hérité de l'usine à Papa" Parisot, égale à elle-même, mélange improbable mais redoutable de rotweiller et de piranha, vient encore de nous en sortir une bien bonne...

Souvenez-vous... Laurence ! Celle qui dans un élan de poésie Carambar et de philosophie de boudoir, avait cru bon de susurrer douceureusement que "le travail, c'est précaire comme la vie, la santé et l'amour"...
Celle qui invente des mots de la même famille qu'abracadabrantesque, comme "flexisécurité"...

Laurence vient de nous refaire le coup du verre à moitié plein ou à moitié vide suivant qu'on se le fait servir ou qu'on se plie en deux pour vous l'apporter.

Genre...

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D'abord le SMIC : il faudrait le dépolitiser.
Et donc l'arracher au pattes griffues de cet État-providence dont elle sent le souffle méphitique en tous lieux, pour le confier à une commission "indépendante".
Indépendante de quoi et de  qui, elle le ne le dit pas... mais vu l'ambiance des commissions de l'UNEDIC, on se doute que ça ressemblerait plus à la salle du conseil de guerre du Docteur Folamour qu'à un spectacle de Chantal Goya.

Maintenant, la présidentielle 2007 : là, changement de cap et virage à 180°, la centrale patronale doit "apporter une contribution au débat et souhaite concilier sécurité et flexibilité pour réformer le marché du travail en France".
Cerise sur le gateau, la dite centrale patronale a déjà qualifié de "ruineux" le programme du PS (quelqu'un l'a-t'il lu, au fait ?) et prévenu qu'elle "fera la chasse à la démagogie".

On résume pour les mal-comprenants en langage "maternelle", voire "CP" pour les plus délurés...

La politique, quand elle se charge d'édicter des règles du jeu protégeant les plus faibles, c'est "caca - prout - vilain - pas beau - ça cocotte - pas toucher - bouh la vilaine fille" !

La politique, quand elle a l'immense sagesse de se conformer aux grilles de lecture du MEDEF, c'est beau comme de l'antique, c'est noble, c'est un pic, c'est un cap, ... que dis-je, c'est un cap ! C'est une péninsule ! 

C'est bon, là, ou je vous fais une fiche ? 

 

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Bande-son : Dupain - Camina
Bande-son : Dupain - Camina

 

28 août 2006

Ernesto

Il tombe à pic, celui-là !
On allait "célébrer" l'anniversaire de Katrina et on a un 13ème invité à la table...

En plus... franchement... "Ernesto" !
Au moment où Fidel se liquéfie, qu'un énième ouragan potentiellement dévastateur porte le prénom du "Che", c'est à croire que les météorologistes ont un sacré sens de l'humour noir... ou qu'ils sont aficionados de Desproges.

Alors on va nous parler de Ponchartrain, de la criminalité à la Nouvelle-Orléans, de l'incurie de l'administration Bush sur le coup, du fait que le pays le plus puissant du monde n'est pas foutu, en un an, d'injecter les sommes nécessaires à la reconstruction d'une ville (bon... majoritairement pauvre, noire et démocrate mais ce doit être un détail... ou alors c'est que je suis une anti-américaine primaire (voire primate) selon l'échelle de ce pauvre pantin de Jean-François Revel ! A ce compte-là, je connais beaucoup "d'américains", et pas des moindres, qui ne le seraient pas... contrairement à feu Revel  qui devait picoler de trop, c'est certain... Peut-être une de ses rares qualités !), de la fréquence accrue des cataclysmes "naturels" dans le Golfe du Mexique (en rajoutant malicieusement... "Bien fait ! Z'avaient qu'à signer le protocole de Kyoto au lieu d'essayer de marchander sous le comptoir les "bons points" environnementaux et les "droits à foutre en l'air la planète" avec les pays en voie de développement !").

Mais ne vous inquiétez pas outre-mesure !
Je doute que les futurs ravages d'Ernesto encombrent longtemps les JT !
L'anniversaire du "9/11" pointe le bout de son nez !
Un clou chasse l'autre.
C'est reparti pour un tour de manège... comme si le monde avait décidé de tourner indéfiniment autour d'une date, d'un évènement, d'une "doxa" particulière...

Il faut vous y faire... cette planète est devenue, bon gré mal gré, un derviche tourneur d'exception ! 

Alors, oui.
Oui, le monde a changé depuis le 11 septembre 2001.
Mais pas à cause de ce qui s'est passé ce jour-là.
A cause de ce qu'on en a fait, du bourrage de crâne obligé (Ah ! l'inneffable Colombani ! Je ne l'ai pas vu écrire "Nous sommes tous des soudanais", ou "Nous sommes tous des libanais", ou "Nous sommes tous des indiens de Bombay"), de ce glissement très progressif et véritablement "malin" au sens ou les anglo-saxons considèrent le terme "evil", vers une vision et une explication du monde simpliste, monochrome, irrationnelle et civilisationelle.

Les digues de la Nouvelle-Orléans ne sont toujours pas étanches, tout le monde continue à se moquer du Darfour, il y a une moyenne de 70 morts par jour dans des attentats à Bagdad, l'Afghanistan s'enferme dans un no-man's land de censure au nom de cette sacro-sainte guerre "contre le terrorisme"...

Mais nous restons le nez collé sur la tapisserie.
Guéguerre en dentelles au PS, Sarko prend-il des gélules de carotène alternées avec du Viagra, est-ce que la coupe savamment méchée façon rebelle de Hulot est plus sexy que les yeux bleus de Corinne Lepage, micro-rayons de supermarchés pour bien montrer que les parents NE PEUVENT PAS, les pauvres, refuser le cartable Barbie ou la trousse Warcraft à leur progéniture,... sans parler des concerts de Madonna !

Et vous voudriez aussi qu'on vous enquiquine avec Cachan, la chasse aux mômes, les tentes des SDF à côté de la piscine Joséphine Baker, les purges ASSEDIC, le flicage policier sur ADN pour broutilles, le flicage social dans les ANPE ?
Mais vous êtes inconscients ou quoi ?
Vous voulez qu'on vous les montre les taux d'audience ?
La cata, la vraie, c'est celle qui s'annonce sur Koh-Lanta, malheureux !

Faites comme la néo-mode du PS : soyez réalistes, bon sang ! 

Ou alors... oubliez ! 

 

Bande-son : Charlélie Couture - Oublier - Poèmes rock
Bande-son : Charlélie Couture - Oublier - Poèmes rock

26 août 2006

Dérisoire tentative d'humour noir

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Je sais... je suis pénible avec mes angoisses...
Mais bon. Si vous n'aimez pas, vous zappez, non ? 
 
Je suis trop occupée pour penser à l'universel... quoique Cachan ou le Darfour restent toujours dans un coin de ma tête.
 
Et je me refuse à faire de la hiérarchie sur le sujet parce que tout est lié...
Pas franchement l'impression que ce soit le souci prégnant sur les quais de La Rochelle avec La Nelly Olson poitevine...
 
Je me souviens avoir dormi sur des cartons, face à la Mairie, du temps de Crépeau, ce devait être en 1995, avec Jean-Claude Amara et Jean-Baptiste Eyraud, notre Babar comme on l'appelait.
Je ne dirais pas que c'était le "bon temps" vu que les arrêtés anti-mendicité tombaient comme à Gravelotte, mais je me souviens que les gens s'en souciaient plus, ne voyaient pas ça comme une forme de "bonne conscience à pas cher" le fait de se soucier de l'être humain d'à côté, ne considéraient pas la femme ou l'homme d'à côté comme un danger ou une scorie...
Je me souviens qu'ils nous amenaient des faitouts de soupe, des couvertures, des petits mots, des dessins d'enfants....
Je me souviens qu'on ne nous balançait pas à la gueule un "Y'a plus malheureux ailleurs !" comme ceux qui le font aujourd'hui en nous envoyant le Darfour comme un boomerang dans les gencives sans faire un geste, un mouvement, un battement de cil pour ce qui se passe là-bas comme pour ce qui se passe ici... 
Les salauds.
Les salauds intégraux qui utilisent ponctuellement les images d'un Darfour martyrisé pour lequel ils ne font rien, juste pour stigmatiser ces "enfoirés d'immigrés" qui réclament un logement....
Ces enfoirés d'immigrés TOUS LÉGAUX ET TRAVAILLANT LÉGALEMENT, à qui on propose un hébergement en hotel dans le 77 alors qu'il doivent embaucher à 5 ou 6 heures du mat à Paris Centre comme femmes de ménages ou éboueurs...
 
Bon.
J'ai débordé...
Je ne devrais me préoccuper que de ma mère sur son lit médicalisé.
Désolée.
 
Parfois, c'est plus fort que tout. 
 
PS perso, forcément : Je ne remercierais jamais assez les connus et inconnus qui m'ont soutenue de leurs claviers avec plein de bouts de doigts sensibles au bout, pendant la première période de crise.
On va attaquer la seconde...
Mais, mea cupa, moi la sociophobe invétérée quoique officiellement soignée, c'est nettement mieux avec ces vagues d'affection ou de compassion numériques...
Ça a l'air stupidement sentimental, dit comme ça, mais si j'en suis la première étonnée, j'en suis aussi la première ravie... bon... peut-être pas ravie... mais touchée-coulée, c'est certain.
L'autre, c'est ma "maternelle", sur son lit de souffrances, à qui je lisais chaque jour les petits mots d'encouragements d'inconnus parfaits.
Elle n'en est pas encore revenue ! 
Et j'espère qu'elle n'en reviendra jamais ! 
 
PS2 : J'ai un poil méchamment triché... en fait, j'écoutais Ginzhu.... mais ça m'a semblé plus à propos, quoique pas très gai, j'avoue ! 

 

Bande-son : Yann Tiersen et Shannon Wright -No mercy for she (de Neil Hannon aka Divine Comedy)
Bande-son : Yann Tiersen et Shannon Wright -No mercy for she (de Neil Hannon aka Divine Comedy)

21 août 2006

Mot d'excuse

"Maman étendue sur le billard,
Grabuge perdue dans le brouillard"... 

C'est une constante : à petit plaisir, grosse addition...
J'ai l'habitude.

Donc peu de disponibilité, que ce soit sur blog ou par mail (je m'en excuse auprès de ceux qui attendaient des réponses...).

Il y a des "vies" comme ça... 

Pas de bande-son... je me bouche les oreilles pour ne pas entendre les fantômes de mes cauchemars, amants nocturnes. 

19 août 2006

C'est rappé...

medium_01Bernard_Rapp.jpgNotre Carole et son Ken avec cerveau inclus plus qu'en état de marche me l'avaient bien annoncé en plein milieu du repas du soir mais je n'arrivais pas à y croire.

Bernard Rapp était mort.

Non ? Ben si....

Je crois bien avoir fait une forme d'impasse psychologique, comme pour Pierre Desproges.
La soirée était trop douce et elle était surtout trop rare...
J'avais l'impression d'être un funambule sur un fil barbelé, pieds nus comme d'habitude.... Je déviais d'un iota de la désinvolture joyeuse de la nuit et le chateau de cartes s'écroulait.

Alors j'ai fait l'impasse, comme dans un douteux cauchemar...

Et on a ri de plus belle, et bu et discuté des heures et des heures....

Sauf que là, à l'heure qu'il est, à ce moment précis, au moment où mes bouts de doigts frappent les touches du clavier, je sais que c'est vrai.
Obligée de réaliser...
Pas besoin d'effleurer sa joue de mes doigts en un dernier adieu. Je touche de l'âme et de l'esprit. C'est pire en terme de ressenti.

J'ai le souvenir d'un homme totalement merveilleux, t'expliquant doctement sans être pédant la façon correcte de te dépatouiller d'une écrevisse. Tout en moquant avec bonhommie et distance les têtes couronnées de strass ou de vrais diamants parce qu'elles en avaient l'impossible grâce...

J'ai souvenir d'un sourire jamais totalement ouvert, qui laissait la porte ouverte à plein d'autres choses, des doutes, des incertitudes, des questions, des méfiances, des curiosités...
Surtout des curiosités !
Je crois bien n'avoir jamais connu quelqu'un d'aussi dévoré de curiosité que Bernard Rapp...
Tout l'intéressait... même ce dont on se foutait royalement et dont on s'étonnait qu'il puisse ne serait-ce qu'y passer des heures....

J'ai souvenir d'une élégance, d'une désinvolture, qui n'avaient rien d'étudiées, toutes de naturel dégagé... un tempérament de dandy concerné, engagé sur des points qui ne supportaient même pas débat à ses yeux, un artistocrate dévoyé qui n'aurait jamais oublié la Révolution de 1789...

Je me souviens de cette indulgence narquoise qui faisait passer n'importe quelle leçon de sa part pour une réelle partie de plaisir et un apprentissage indispensable et tangible. Le plaisir en cerise sur le gâteau !

Bernard Rapp est mort et Ardisson, Fogiel, Drucker ou Delarue sont vivants...

Nous savions déjà que notre monde courrait à sa perte mais était-il franchement nécessaire d'appuyer ainsi sur l'abcès purulent de nos icônes déchues et putrides pour nous faire comprendre que les meilleurs s'en vont les premiers ? 

A ceux qui l'ont aimé, ceux qui l'aiment et ceux qui l'aimeront pour toujours, j'envoie des pensées de clématites. 

 

Bande-son : Edith Piaf - Milord
Bande-son : Edith Piaf - Milord
 
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