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02 décembre 2006

Aller encore

Drôle d'heure que la dernière de la journée, juste avant le basculement.
L'heure des loups, ou du cache-cache avec les loups, je n'ai jamais vraiment su qui chassait et qui fuyait...

Et un éclat de lune, la subreptice lueur d'une comète aventureuse, la violence d'une super nova qui décide de vous exploser en plein visage...

Il faut dire que j'ai lu un truc qui m'a mise en joie.

Le mariage homosexuel légalisé en Afrique du Sud 

Vous réalisez ?
L'Afrique du sud ! Celle de Johnny Clegg and Savuka.
Celle de...

One man, one vote -- step into the future
One man, one vote -- in a unitary state
One man, one vote -- tell them when you see them
One man, one vote -- it's the only way

Celle du 11 février 1990 quand Mandela sort de sa prison (et c'est tant mieux si c'est l'anniversaire de mon père !).
Je me revois, pelotonnée sur le canapé, serrant convulsivement un gros coussin dans mes bras, pleurant de joie après 2 heures d'attente devant le poste TV.

medium_mandela1.jpg

 

Elle n'est pas énorme, cette info ?

L'Afrique du Sud légalisant l'union homosexuelle...
Pas la France, non.
Pas la mère des Droits de l'Homme, non.
Juste une contrée lointaine et prétendument sauvage qui a donné son sang pour avoir le droit de vote.

 ONE MAN, ONE VOTE...

Et j'ai une monstrueuse envie de vous faire partager quelque chose qui peut ressortir autant du rêve que du cauchemar... quoique l'envie ne me manque pas d'inventer un vocable nouveau pour ce genre de chimères, entre bonheur et souffrance, qui peuplent nos nuits à tous. 


Aller encore

Mes amis, nous sommes en mer, barque que les lames soulèvent puis laissent choir mais qui s'obstine pourtant, presque debout dans les remous, courageuse ! Et à gauche et à droite, et par devant aussi, nous avons à éviter des navires, hauts bords parfois si proches les uns des autres que c'est miracle si nous avons pu ne pas en être brisés encore, et entre eux nous faufiler même, et avancer, avancer ! Presque une salle fermée ce rien d'espace entre houle et ciel qui zigzague avec grand fracas entre leurs flancs sans lumières ! Nous sommes inquiets, quelqu'un d'entre nous à la barre, d'autres courbés sur les rames dans les embruns ou sous les brèves averses. Mais nous n'en regardons pas moins les figures sculptées aux proues de ces masses qui nous surplombent : déesses aux longues épaules souples, au torse nu, aux bras et aux mains dont la peinture, un bleu profond, un ocre, un rouge pourpre, s'écaille. Visages de ce monde pourtant, bien que les yeux clos ; visages presque souriants, me semble-t-il, bien que rêveurs, bien que tristes.

Encore un moment, mes amis, à tenir bon contre le désespoir qui nous gagne. Un autre de parmi nous se lève de son banc et, les mains en porte-voix, crie des mots, incompréhensibles. Encore un moment, et entre ces vaisseaux qui nous pressent il y aura bien, n'est-ce pas, davantage de mer, et sur cette mer un chemin d'étoiles ?

Mais que nous serons loin, toutefois ! Que d'heures auront passé depuis le quai glissant, la lueur des torches, les marches qui plongeaient dans les vagues ! À peine si, me retournant, je verrai, tous feux allumés, le dernier navire, seul sous des nuées dont de vastes rayons on ne sait si clairs ou sombres s'échappent. Il semblera hésitant. Je ne saurai s'il veut venir où nous sommes, ou s'il va virer de bord et bientôt s'effacer, dans la nuit qui n'a pas de rives.

© Yves Bonnefoy
 

... Et on en vient, sans trop de transition (pardonnez la houle violente !), à l'album de Décembre...

J'ai longtemps hésité.
J'avais le choix entre mes désirs et mes devoirs.
Mes plaisirs et mes sagesses.
Mes intuitions et mes reflexions.

Alors, ce sera Beck.

Mais cela aurait pu être Grizzly Bear que personne ne connaît et que c'est une honte.... ou le dernier opus de Damien Rice, toujours aussi accro des raccourcis puisqu'après "O", il nous balance un "9" plus que parfait...

Oui mais... il y a eu le Beck....
Trop longtemps qu'il me vrille langoureusement le creux de l'oreille.
Trop longtemps que je lui trouve des airs de Eels alors que "Odelay" avait des accents de Prince.
C'est bon, la famille... en un sens...

(Just a clic...) 
  
Addendum du 02/12/06 : Je précise s'il était nécessaire que je n'ai pas d'actions chez Amazon.fr, que les liens que je donne sont là pour offrir une info et rien de plus...
On ne sait jamais... je pourrais me faire traiter de "vendue au capital". "social-traître", "vipère lubrique" ou autres quolibets descendus en droite ligne de la riante époque des Sorcières de Salem...

Commentaires

Bonjour jolie grabuge, cela fait longtemps que le bistrot est fermé.
M'inquiété un peu.

Écrit par : martingralll | 02 décembre 2006

@Martin

Le bistrot était fermé mais je vidais la cave en douce... très mauvaise façon de se remettre debout quand l'immeuble t'est tombé sur la tête.

Pas besoin de t'inquiéter pour moi : je fais ça très bien toute seule... demande à Carole ! ;)
Inutile de brumiser ses angoisses aux alentours.

"ΚΑΤΑ ΤΟΝ ΔΑΙΜΟΝΑ ΕΑΥΤΟΥ"

Écrit par : Grabuge | 02 décembre 2006

Rappelons ce que disait ton vieil ami, le regretté André Labarrère, sur le sujet du mariage des homosexuels :" Mais pourquoi veulent-ils à tout prix être cocus ?" …

Écrit par : Bernard Langlois | 03 décembre 2006

coucou Grabuge
contente de te revoir

Écrit par : céleste | 03 décembre 2006

:o))) même si c'est pas top d'être pédé et pauvre au pays de Mandela ... au moins la preuve que des choses bougent ...
Ici ... pffffff vais faire un tour à la cave ...

Écrit par : les marques du plaisir | 03 décembre 2006

Mandela, Martin Luther, c'est beau une équipe de foot.

Écrit par : martingralll | 03 décembre 2006

@Bernard

Le Dédé en a dit beaucoup de conneries, tu sais ?
D'autant qu'être marié n'est pas la condition sine qua non pour être cocu...

@les marques du plaisir

Le moins qu'on puisse dire est qu'effectivement, l'Afrique du Sud ne va pas bien pour autant. La criminalité y est dévorante, tout comme le sida...
Il suffit de lire ce qu'en dit André Brink.
Mais que ce pays, qui n'a qu'une dizaine d'années d'existence vraiment démocratique depuis la fin de l'apartheid, en vienne aussi vite à s'adapter aux réalités sociologiques alors que la France patauge encore dans des querelles morales d'un autre âge, ça m'épate quand même.

Écrit par : Grabuge | 04 décembre 2006

Sûr qu'il en disait, le Dédé !
Mais, au moins, il avait le sens de l'humour …

Pour en revenir au fond, voici ce que j'écrivais dans un BN, au moment du mariage de Bègles et de la polémique autour, après avoir évoqué les réticences de beaucoup (y compris d'homosexuels) à cette revendication du mariage homo :

"Alors, oui à l’égalité des droits, non au mariage homosexuel ? Comment sortir de ce dilemme ? J’en suis arrivé à une conclusion qui a le mérite de la simplicité : il suffit de supprimer le mariage !

J’entends : le mariage civil. Ce qui ne ferait nulle peine aux très nombreux concubins hétéros qui s’en passent fort bien et procréent en toute liberté des enfants qui ne s’en portent pas plus mal. On remplacerait ça par un contrat civil, dûment enregistré en mairie sans chichi ni prêchi-prêcha, bien évidemment ouvert à tous et garantissant les mêmes devoirs et les mêmes droits. Libre à chaque couple de fêter l’événement à sa convenance et en son privé. Libre aussi à eux d’aller faire bénir leur union s’ils le souhaitent auprès du représentant de l’Église de leur choix. Le mariage resterait ainsi l’apanage des religions, chacune d’elle adoptant les codes et rites qui lui conviennent. L’égalité de tous devant la loi serait ainsi acquise, sans discussion. Les gens pour qui l’institution du mariage garde un caractère sacré, intouchable, n’auraient nul reproche à adresser à l’État républicain. Curés, rabbins, imams et autres pasteurs s’arrangeant avec leurs ouailles respectives dans le respect le plus limpide de la loi de séparation de l’Église et de l’État.
Qui peut trouver à y redire ?"

Écrit par : Bernard Langlois | 04 décembre 2006

@Bernard

Tout à fait d'accord !
C'est très exactement ce que je souhaite.
Mais en attendant, on a bien un contrat (celui du mariage civil) qui garantit des droits (et des devoirs) uniquement pour les mariages hétéros.
Il y a donc une inégalité en fonction de l'orientation sexuelle.
Ta solution est la meilleure mais malheureusement, je ne vois personne qui, politiquement, propose une remise à plat du mariage civil dans le sens que tu indiques...

Quant à Dédé, certes, il avait de l"humour... enfin... son "humour" !
C'est avec ça et le chantage affectif qu'il a dirigé sa ville pendant des décennies !
Mais n'oublie pas qu'il a été un des premiers à promulguer un arrêté anti-mendicité (après... Frêche ! Bonjour la référence !).
Déjà, j'avais trouvé ça tellement moyen comme "humour" que je l'avais combattu au T.A (et gagné 4 fois... plus 2 fois en conseil d'État !).
Et crois-moi : il n'avait pas du tout aprécié MON humour... ;)

Écrit par : Grabuge | 04 décembre 2006

dans la foulée on pourrait aussi changer les modalités du divorce!

pourquoi en passer par la justice si tout le monde est d'accord?

si le mariage est un simple contrat civil (parfait), alors résilier le contrat pourrait se faire sans les avocats rapaces et à coût plus bas!

Écrit par : céleste | 05 décembre 2006

Les commentaires sont fermés.

 
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