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05 décembre 2006

Viol "chicos"

dsespoir.jpg

Dernièrement, la condition féminine, les violences faites aux femmes, le sujet du viol, ont fait subrepticement la Une des nouvelles comme de la campagne électorale.

Subrepticement.

Parce qu'il ferait beau voir qu'un sujet pareil fasse la Une bien longtemps...

Pire.
Il s'en est trouvé pour décréter que la révélation de Clémentine Autain dévoilant qu'elle avait été violée dans ses années estudiantines, n'était qu'une annonce publicitaire voire complaisante.

Alors, vous, les contempteurs, les dubitatifs, les méprisants, les détachés, les ricaneurs, les blagueurs...

JE VOUS EMMERDE.

Parce que vous ne saurez visiblement jamais ce qu'une agression sexuelle peut induire pour toute une vie.
Parce que vous êtes tellement bas de plafond que vous n'imaginez même pas la destruction intégrale de votre psyché que peut être ce genre d'assaut.
Parce que vous êtes les mêmes qui balancez négligemment "Bah ! Tu t'en es sortie vivante ! De quoi tu te plains !".
Parce que vous êtes les enfoirés qui disent, un soir de fiesta "Mais arrête de faire la gueule ! Y'a pire !".
Parce que vous êtes les limaces mielleuses qui susurrent "Mais t'es sûre que t'as rien fait pour allumer ? Mais pourquoi tu ne portes pas de maillot sur la plage ? Tu le cherches, non ?"

Et si ce n'était que de ça !

Mais avez-vous idée des interrogatoires à n'en plus finir ?
Des suppositions que vous vous devez de démolir parce que l'habeas corpus n'a pas lieu d'être en France ?
Des justifications à donner ?

Pourquoi êtes-vous si blonde ? Si mince ?
Pourquoi vous baladez-vous en paréo et pas en tchador sur la côte landaise en plein été ?

Et quand, pire que tout, on vous balance à la face les malheurs de vos soeurs traitées de la même façon mais dans une cave de banlieue plutôt que dans votre maison, histoire de bien vous faire comprendre que vous l'avez bien cherché, n'étant pas classifiée "victime expiatoire de moralités religieuses d'un autre âge", vous faites quoi ?

Vous la vouliez l'explication pour l'image de "l'à-propos" ?

Vous l'avez. 

Heureux ? Satisfaits ?

La suite à 23h15 sur France 2, le dimanche 10/12 dans l'émission de Christophe Hondelatte, "Faites entrer l'accusé", consacrée à Roland Cazaux, dit Le Chat.

Je suis censée mettre une bande-son ?
Certes...
Mais non.
Il en est des milliards qui me trottent dans la tête... et aucune qui puisse vous faire comprendre ce dont je parle.

Comprenne qui pourra.
Comprenne qui voudra.

C'est pas une heure... je suis bien d'accord... mais je n'ai plus d'heures, depuis 11 ans. 

Commentaires

Enormes bises ma Grabuge.
Même si je vais rajouter encore quelques kilomètres entre nous, je pense souvent à ton chalereux acceuil de cet été.
Merci pour tout ce que tu partages ici et aileurs.
Bébé vient de bouger, tu vois il t'embrasse aussi ;o)

Écrit par : carole | 05 décembre 2006

"Pire.
Il s'en est trouvé pour décréter que la révélation de Clémentine Autain dévoilant qu'elle avait été violée dans ses années estudiantines, n'était qu'une annonce publicitaire voire complaisante."

ça m'a aussi profondément choquée!

j'ai vécu avec la violence, aveugle, quotidienne, insoupçonnable...je l'ai hurlée pour que tout le monde l'entende, pour rester vivante.
je me suis battue pendant des années pour sortir de la spirale tout en protégeant mes enfants.
et d'aucunes et d'aucuns me disaient "ah moi, à ta place, il y a longtemps que...tu devrais...tu ne l'aurais pas cherché par hasard..."
On n'est jamais à la place des autres, tout ce qu'on peut faire c'est les écouter, les aider.
j'ai claqué des portes.

Et puis j'ai trouvé la paix.

La violence sur les femmes et les enfants est insupportable, immonde.

Solidarité pour dimanche soir, totale.

et bisous!

Écrit par : céleste | 05 décembre 2006

Sur ce sujet, comme hélas sur d'autres, il semble que la bêtise crasse soit le refuge le plus facile pour éviter de faire face, pour la plupart des gens...

C'est comme un crime contre l'humanité, je trouve, manquer d'empathie, de respect, à ce point...

Je t'embrasse

Écrit par : Anne | 05 décembre 2006

Que répondre à ma fille qui me dit, 20 ans après les faits, qu'elle a été violée? Je lui ai demandé pourquoi ne pas me l'avoir dit sur le moment et elle m'a répondu "parce que tu m'avais déconseillé de faire du stop". Être violée et se sentir coupable, quelle saloperie!
@céleste: la violence est insupportable sur qui que ce soit.

Écrit par : pépé | 05 décembre 2006

@pépé

bien sûr!
j'ai écrit les femmes et les enfants parce que c'était le sujet, et parce qu'ils en sont le plus souvent les victimes, mais évidemment la violence est insupportable sur qui que ce soit.

je n'avais nullement l'intention de "hierarchiser" les victimes

Écrit par : céleste | 05 décembre 2006

Le soupçon du genre: "Mais tu l'as peut-etre bien cherché?" et la hiérarchisation des victimes, c'est les deux choses les pires comme type de réaction à supporter.

Et une chose que certains n'ont vraiment pas l'air de vouloir se mettre dans le crane une bonne fois pour toutes, c'est qu'on peut se faire sauter dessus qu'on soit en paréo ou emmitoufflée jusqu'aux oreilles dans un manteau, qu'on ait 15 ans ou qu'on en ait 60.

Écrit par : Lory Calque | 05 décembre 2006

llorsque je suis venue la première fois sur ce blog, l'image de cette femme repliée sur son corps et son âme m'a pourtant évoqué immédiatement cela : une douleur intime indicible, que l'on ne peut faire partager, qui laisse à distance
ne jamais laisser personne minimiser les dégats
jamais
quitte à hurler

Écrit par : lesyeux | 05 décembre 2006

@ Tous et toutes

Tout d'abord, je tiens à m'excuser pour ne pas avoir tenu promesse.
"Grabuge" était là pour "éliminer" l'écriture intime au profit de "l'universel".
Mais il se trouve que certaines polémiques politiques autour de Clémentine Autain ont fait que la frontière entre les deux est devenue aussi poreuse que la ligne Maginot.

Non pas que le viol ou l'agression sexuelle ne soient pas des sujets éminemment "politiques", au sens où cela concerne toute la société.
Mais de là à le "personnaliser", il y avait une marge que je n'avais pas l'intention de franchir.
J'ai d'autres lieux pour ça.
Sauf que...

Sauf que certaines réactions m'ont tellement coupé le souffle que j'ai réagi épidermiquement.
Sauf que je ne savais pas qu'Hondelatte avait prévu de faire un numéro sur Roland Cazaux.
L'un mêlé à l'autre, ça a donné l'explosion ci-dessus...
Le pire, c'est que je ne sais absolument pas ce que sera et comment sera traité le sujet...
Une angoisse de plus comme si le chaudron n'était pas déjà assez plein...

Et puis, comme dit lesyeux, ça fait du bien de hurler, même plus de 11 ans après....

Merci.

Écrit par : Grabuge | 06 décembre 2006

Qui a osé pour Clémentine Autain ?
T'en fais pas Grabuge, tu as laissé sortir ce qui venait et c'est très bien comme ça.

PS qui n'a rien à voir : J'ai réussi à enlever le bandeau Politis de la page d'accueil de Plume mais, horreur, il est toujours à l'intérieur de chaque billet ! ;-)

Écrit par : Olivier Bonnet | 06 décembre 2006

Tu es tout excusée, Grabuge.
Sûr que nous, les mecs, on n'a pas spontanément conscience du caractère destructeur du viol, qu'en bons machos gaulois, on s'est tous plus ou moins laissés aller à certaines ambiances de plaisanteries graveleuses qui l'entourent … On s'en corrige, heureusement !
Mais faut-il regarder Hondelatte, au risque de raviver la plaie ?
Un coup de rire frais pour se changer les idées ?

http://www.zedess.com/Sarkozy_Clip/Un_Hongrois_chez_les_Gaulois.html

Écrit par : Bernard Langlois | 06 décembre 2006

@Olivier

J'irai voir ça dès que possible...
Tu n'as pas changé le login et le mot de passe ?

@ Bernard

Je sais bien...
Mais en même temps, la plaie étant ravivée quoique tu fasses, on a besoin de vérifier que ce qui sera dit ou décrit est conforme...
Pour moi, pour ma fille, pour toutes les autres...
Pour le coup de rire frais... j'ai trouvé la solution... je viens de me réfugier chez mes parents, au pied de Pyrénées qui viennent enfin de se décider à s'enneiger un peu.
On traversera le Styx ensemble...

Oups ! La mater me hèle du fond de sa cuisine !
J'y va...

PS : je viens de regarder ton lien... Morte de rire...
Sauf que la BONNE question à poser n'est pas "Nicolas Sarkozy, pourquoi ton père a fui la Hongrie ?" mais "Nicolas Sarkozy, pourquoi ton père n'a fui la Hongrie qu'à l'arrivée des chars russes et pas sous le régime nazi ?"
Non ?

Écrit par : Grabuge | 06 décembre 2006

@ Bernard Langlois
"Sûr que nous, les mecs, on n'a pas spontanément conscience du caractère destructeur du viol, qu'en bons machos gaulois, on s'est tous plus ou moins laissés aller à certaines ambiances de plaisanteries graveleuses qui l'entourent …"
C'est ton "nous" et ton "tous" qui ne marchent pas. S'cuses, Cèpe Debout, mais ça ne tient pas plus que "Toutes des salopes".
Parole de papa de filles.
Passe par le jardin. Catégorie musique. Voilà un bail, j'avais composé "Tous les mêmes!"
Ca n'avait pas fait rire tout le monde.
@ Grabuge
Il dit quoi, là-dessus, ton Georges?

Écrit par : Fleuryval | 06 décembre 2006

@Fleuryval

A l'occasion de fumer une cigarette sans empuantir ma maman (le reportage sur Biarritz de "Des racines et des ailes" vient de se terminer...), je tombe sur ta question...

Ben, il dit rien, le Georges.
Il ne dit rien parce que c'est trop difficile, trop "contre-nature", trop "pas sa fille", et que c'est une des très rares fois où je le sens totalement démuni.
Ça n'est pas la moindre de mes préoccupations, d'ailleurs.
Cette impression que tout ceci est un trou noir, même pour ceux qui t'aiment le plus fort.
Le sentiment que la souffrance par ricochet existe aussi et que rien, ni la justice, ni le "mieux-être" (ou le "moins-mal-être") n'effaceront ce qui a définitivement été détruit et ruiné.
Encore une couche de plus sur le mille-feuilles de l'incommunicabilité et du dégoût de soi...

Mais je sais qu'avant d'aller se coucher ce soir, il me serrera fort à m'étouffer pour me dire "bonne nuit et à demain, ma poule"...

Écrit par : Grabuge | 06 décembre 2006

;-) Bonne nuit et à demain, ma poule.
J'aurais sans doute demandé en plus: "C'était où, c'était quand, c'était qui?" avant de te laisser t'endormir.
Puis j'aurais emmené "pisser le chien".
C'est pas un reproche.
Juste une "culture".
Pour un jardinier, ça n'a rien d'étonnant.
Détonnant, aussi.

Écrit par : Fleuryval | 06 décembre 2006

@ fleuryval

Oulah ! Maldonne !
Il sait très bien où, comment, qui et le reste...
C'est juste sur les ruines qu'on a du mal à verbaliser.
Les suites, les conséquences, les retombées, les radiations...
Mais il faut dire que ça a été tellement Tchernobyl, y compris dans la lente et inéluctable progression des dommages, qu'il est difficile de mettre des mots là-dessus.
La preuve : il m'a fallu plus de dix ans pour écrire là-dessus.
Et plus de 11 pour me foutre en pétard ici-même...

Le Georges, il n'a fait que mettre ses pas dans les miens... du silence à la rage...
Va pas toucher à mon roc, mon cap, ma péninsule, st'teu'plaît ! ;)

Écrit par : Grabuge | 06 décembre 2006

@Fleury : tu oublie la fin de la phrase :"Heureusement, on se corrige …"
Maintenant, p'têt que toi tu n'as jamais succombé à quelque plaisanterie graveleuse de ta vie, p'têt que t'as jamais été un jeune con vaguement macho sur les bords, p'têt que t'as toujours su que tu allais engendrer des gentilles petites filles, p'têt que t'es un saint.
Moi pas.

Écrit par : Bernard Langlois | 06 décembre 2006

@Grabuge : tu as raison pour Sarko !
Mais ils sont bien drôles quand même, ces Burkinabés !

Écrit par : Bernard Langlois | 06 décembre 2006

@Bernard
S'il n'y avait que les burkinabés, mon bon !

N'empêche que personne ne s'interroge sur le fait que la famille Sarkozy de Nagy Bocsa se soit très agréablement contentée de l'invasion nazi et des pogroms plus que monstrueux commis sur son sol sans que ça dérange le rang de perle de la mamie, voire en y mettant plus que la main, histoire que ça aille plus vite.
Le papa du petit Nicolas, ruiné pour dettes de jeux, a profité de l'avancée des chars russes pour couiner au refuge politique... ce qu'il a obtenu... dans le 16ème...
Et oui, c'est ça la belle histoire de l'immigré Sarkozy de Nagy Bocsa!
Une famille collabo à donf avec les nazis.
Un rapatriement in extremis payé avec les bijoux de familles (y compris ceux extorqués aux camps de concentration de Hongrie).
Et c'est le même qui nous prône "l'immigration choisie"....
Qui veut un Vogalène ?

Écrit par : Grabuge | 07 décembre 2006

@ Grabuge et Bernard
Je ne suis pas vraiment d'accord sur les questions à poser au "Petit César" (j'adore vraiment ce surnom donné par JF Kahn). Est-ce que les enfants sont redevables des actions de leurs parents. Tant qu'il ne met pas en avant son père comme il le fait pour tout le reste.

@ Grabuge
J'ai pris en cours le reportage des Racines et des Ailes. Je me suis dit qu'il faudra vraiment revenir dans la région à une période où l'envahissement touristique est moindre. Et toi, si tu veux découvrir la région du Nord, tu as une invitation permanente dès ce début 2007.

Écrit par : carole | 07 décembre 2006

Ho que si, enfin je crois comprendre la dépersonalisation! ne plus être! Et trop souvent les victimes cherchent leur faute! Et nous ne savons plus.

Écrit par : martingrall | 07 décembre 2006

Je ne sais faire que ça.


Viol La haine

Les sources secrètes d’amours déshérités
Te perdent à aimer la joie comme la douleur,
En ta douleur qui aime tant tes plaisirs
Je hais la haine qui s’échange l’amour

je t’amènerai au bonheur pour que la haine s’égare
Un peu pour qu’elle sache ce que c’est,
Et compare l’hymne au tintamarre
Cette haine qui sans fin le cœur t’a préparé

Pour y modérer le bonheur,
pour qu’il y soit incomplet
Qu’il célèbre la solitaire demeure
Qui passe aux rares failles désespérées.

La haine en fait un précipice
De rochers, de bois noirs, de torrents,
Qui mène l’amour aux supplices.
Faits de chairs et d’âmes hors du temps

La haine s’insinue en toi pour te connaître
Qui te fait croire en la mort qui console et fait vivre.
La haine qui te cendre et te fait croire à la mort féconde
Qui te fait croire aux portiques des terres successives.

Que feras-tu méticuleuse haine,
Pour te protéger du printemps
De ses lumières et ses fidèles odeurs
Alors que l’essentiel est immobile

A la couture de l’âme et du corps
Je ne sais si l’amour t’a rendu belle
Ou si l’aube décida de ta nativité
Ou si l’amour te fit conquérante

Le bonheur est plus vrai que sa douleur

Écrit par : martingralll | 07 décembre 2006

@martingrall

Waouhhh !
Magnifiquement juste...
Merci infiniment.

@carole

Tu reviens quand tu veux !
J'ai encore tout ce qu'il faut quelque part... youpala, joujous, biberons et plein de berceuses tendres à chantonner...

@les autres

D'abord... vous battez pas ! J'ai besoin de douceur dans cette époque de brutes.
Ensuite, histoire d'alléger les choses, je rentre de ma chère Vath Vielha et je peux vous annoncer que ça y est... l'hiver a déboulé in petto !
http://www.vathvielha.com/

30 cms de neige en une nuit sur mes Pyrénées, fort bas d'ailleurs...
Mon Gabizos est couvert de crème Chantilly.
Là où Fleuryval va rigoler, c'est que j'ai encore compté 6 boutons de roses dans le jardin familial...
Il faudra les couper et les faire "mûrir" à l'intérieur sinon ils risqueraient de pourrir sur pied mais c'est quand même totalement absurde comme situation...
Le romarin comme les impatiens sont totalement fleuris.
Même le gigantesque camélia rouge de 4 mètres de hauteur a donné une fleur !
Ça ne relativise rien mais ça console.

Écrit par : Grabuge | 07 décembre 2006

les fleurs consolent, c'est vrai, comme toutes ces délicates attentions de la nature: la neige qui voltige, la pluie qui chante, le vent qui emporte, le soleil qui scintille, et ma préférée, la lune pleine qui enchante.

l'amour des petits riens, des petites choses qui embellissent la vie.

Écrit par : céleste | 07 décembre 2006

« "Grabuge" était là pour "éliminer" l'écriture intime au profit de "l'universel". »

On ne peut pas faire ça. "L'Universel" n'est qu'un concept qui résume la somme de tous les cas particuliers. Parler de "l'Universel" sans parler de soi, c'est ne parler de rien. Ou (se) cacher.

J'arrive après la bataille, Grabugette, noyé que j'étais dans mes geekeries en panne...

Alors juste un baiser de passage. "Hasta la victoria sempre !".

Et une toute petite réflexion : J'ai beaucoup aimé lire sous la plume de Clémentine qu'elle déteste toutes ces bonnes âmes qui - sans l'avoir personnellement vécu - déclare que la vie d'une femme est "foutue" après qu'elle a été violée. Trop facile de jeter la vie d'autrui avec l'eau du bain. Trop film américain ou l'héroïne violée, après s'ête vengée du salaud, meurt quand même à la
Une vie n'est foutue que quand on l'accepte. Et même comme ça, ça ne veut rien dire. Rien.

« Il devenait clair pour moi, bien que je le ressentisse très douloureusement, que le sens de la vie est tel qu'il se réalise même dans l'échec. »
- Victor Frankl (déporté à Auschwitz)

Écrit par : Swâmi Petaramesh | 07 décembre 2006

Merde, j'ai appuyé sur le mauvais bouton ;-)

J'écrivais dans la phrase coupée en plein vol : ...meurt quand même à la fin parce qu'Hollywood ne saurait vraiment plus quoi faire d'une femme violée qui ne meurt pas. Sûrement pas un happy end, alors martyre pour martyre, autant martyriser à donf. Une femme violée se doit d'être morte pour être sainte, et c'est les Bush Bros qui te le disent.
Sinon on ne sera jamais vraiment sûr qu'elle n'a pas fait exprès, la salope !

Bon, d'un autre côté, on n'est pas non plus obligé d'être d'accord avec eux. Hein...

Écrit par : Swâmi Petaramesh | 07 décembre 2006

Je t'envoie un mail avec pseudo et mot de passe (je l'avais fait il y a quelques temps mais tu as dû l'égarer ou ne pas le recevoir).
Ca ne me dit pas qui a osé critiquer le "coming out" de Clémentine Autain...

Écrit par : Olivier Bonnet | 08 décembre 2006

Budapest.
1938.
La France d'après.
La rupture.
Tranquille.

Écrit par : Sébastien Fontenelle | 08 décembre 2006

@ Carole

Oups !
Je n'avais pas vu ton commentaire au sujet du "Hongrois qui veut se faire roi chez les Gaulois"...
Mais je rectifie tout de suite :
Comme pour sa petite taille qui n'est en rien un sujet en soi, le Kanichabouch n'est pas redevable de son histoire familiale, sauf...
Sauf s'il l'insturmentalise en la biaisant !
Et il n'a pas raté une occasion pour se présenter comme fils d'immigré quand on lui reprochait sa vision de l'immigration choisie.
Et là, il y tromperie sur la marchandise parce qu'être fils d'immigré économique malien, ou fils d'immigré politique républicain espagnol ou opposant à Mussolini, ce n'est pas tout à fait la même chose que de débouler direct dans les beaux quartiers de Paris parce que Papa a préféré fuir les T-34 soviétiques que les Panzer nazis...
Ce qui me dérange, c'est que Karcher 1er puisse se présenter comme un pov' petit n'enfant d'immigré en occultant soigneusement les tenants et les aboutissants de la chose...
De la même façon que ses 1m62 ne porteraient nullement à moqueries s'il ne les maquillait en se dressant sur la pointe des pieds sur les estrades officielles, en faisant truquer les photos de Paris-Match ou en faisant répondre par son Ministère que sa taille est 1m70...
Ce n'est pas son histoire qui est dérangeante, c'est le maquillage de son histoire.

Écrit par : Grabuge | 09 décembre 2006

@ Olivier

C'est fait... ;)

Écrit par : Grabuge | 09 décembre 2006

@ Swâmi

J'avais dit "intime"... ce qui n'est pas tout à fait la même chose que "personnel"...

Écrit par : Grabuge | 09 décembre 2006

... quelque temps que je n'étais pas passée... je viens de tout prendre d'un coup sur la tête... et ça fait du bien quelque part de te sentir entourée de toutes ces intelligences et ces sensibilités... et de savoir - avec toi - à ce à quoi on a échappé... même si on a été pas plus que trop "frôlée"... même si autour de nous d'autres n'ont pu s'échapper...

j'ai fait une belle rencontre cet été... un livre écrit autour de ce sujet... je ne vois pas sa marque dans ces coms... bien que je t'ai découverte par ses liens... sans doute pas encore venu... ou resté pudique... puisqu'il s'exprime autrement sur ce sujet...
alors si tu veux entendre des mots "universels" écris par "un" écrivain avec une sensibilité qui ne m'a pas paru si éloignée de la nôtre, tu peux lire "Juste un petit secret" de Vincent Mérand, que j'ai présenté sur mon blog mais qu'on trouve en ligne... ou à la FNAC...

j'adore ton blog... un peu compliqué pour moi... je maîtrise pas toute sa conception mais j'avance...

bonne route

Écrit par : mo | 10 décembre 2006

la question de la limite entre l'intime et le personnel finit par se poser un jour ou l'autre... délicat à traiter... si on ne met pas de l'intime, du soi, peut-on vraiment dire quelque chose... même nos sensibilités politiques sont de l'intime... alors le personnel ce serait quoi ? pour moi ce qui touche au cercle de famille, à leur image, mais pas forcément à mes sentiments qui de toute façon ne s'expriment pas directement ici - ils sont mis dans une forme particulière, présentés et enrobés, dans une écriture qui s'adresse à un public, même si elle est reçue différemment par chacun... et notamment par les connaissances et les intimes qui décodent ou le croient derrière le texte présenté en fonction d'informations autres... la relecture qu'on peut faire d'un auteur en fonction de sa biographie... le texte travestit la vie pour la rendre plus accessible, plus universelle... d'ailleurs comment être intime en dehors de situations d'intimité... pas si faciles que ça à créer... il n'y a pas de vérité nue... elle est toujours habillée... et différemment suivant l'usage, le projet de communication... finalement le personnel, ce serait de l'art "brut"... brutal... sans enrobage... sans précaution... sans analyse... une photo sans message pensé... qu'on se volerait à soi-même...

du moment qu'il y a une intention autre qu'une communication intime... une présentation, une analyse, pour moi, ce n'est plus de l'intime... sinon on ne pourrait plus rien dire... vraiment.

Écrit par : mo | 11 décembre 2006

la question de la limite entre l'intime et le personnel finit par se poser un jour ou l'autre... délicat à traiter... si on ne met pas de l'intime, du soi, peut-on vraiment dire quelque chose... même nos sensibilités politiques sont de l'intime... alors le personnel ce serait quoi ? pour moi ce qui touche au cercle de famille, à leur image, mais pas forcément à mes sentiments qui de toute façon ne s'expriment pas directement ici - ils sont mis dans une forme particulière, présentés et enrobés, dans une écriture qui s'adresse à un public, même si elle est reçue différemment par chacun... et notamment par les connaissances et les intimes qui décodent ou le croient derrière le texte présenté en fonction d'informations autres... la relecture qu'on peut faire d'un auteur en fonction de sa biographie... le texte travestit la vie pour la rendre plus accessible, plus universelle... d'ailleurs comment être intime en dehors de situations d'intimité... pas si faciles que ça à créer... il n'y a pas de vérité nue... elle est toujours habillée... et différemment suivant l'usage, le projet de communication... finalement le personnel, ce serait de l'art "brut"... brutal... sans enrobage... sans précaution... sans analyse... une photo sans message pensé... qu'on se volerait à soi-même...

du moment qu'il y a une intention autre qu'une communication intime... une présentation, une analyse, pour moi, ce n'est plus de l'intime... sinon on ne pourrait plus rien dire... vraiment.

Écrit par : mo | 11 décembre 2006

Comme d'hab, ici et ailleurs, une bise fraternelle pour toi.
Une Femme dont la jeunesse fut violée, m'avait confié sur mon ancien blog ses mots pour le dire. Cela a fait 20 ans...
Il y a quelques jours, elle a souhaité me les reprendre. Juste par honte et par douleur.
Je HAIS cette violence !

Écrit par : Exigeant | 12 décembre 2006

Je passais et je repassais... Il y a point de mots, il ne devrait pas y avoir de commentaires. Il y a des billets qui tiennent tous seuls, ils font que le silence en devient plus éloquent.
J'ai vu "The secret life of words", une découverte, un DVD loué à tout hasard avec un morceau à déchirer "Hope there's someone".
Il y a des régions dans ce monde où ce genre de complaintes profondes, intimes, silencieuses crèvent le ciel, toutes les secondes de leurs vies à Elles.

Écrit par : younes | 12 décembre 2006

Bon.
A froid.
Correction... à tiède...

Le cap est passé bizarrement.
Dès le générique, la Grabuge, elle a déconnecté les fils qui touchent.
J'ai vu ça comme si ça ne m'avait jamais concerné.
Ni moi, ni ma merveille de fille.
Même quand j'ai vu le gendarme Chéradame (impec au demeurant), devant "la" villa.
Les volets verts baissés sur la terrasse en hauteur, le carrefour où j'ai joué depuis que j'ai 5 ans, la poubelle cernée de buissons.
Aucune révolte à revoir les "loupés" de l'affaire.
Aucune émotion à entendre mes "soeurs" en malheur.

Le problème, c'est que depuis, je n'arrive pas à reconnecter les fils.
Toujours en dehors de moi.
Grabuge vous dira quand elle aura cessé d'être un zombie, un morceau de viande qui se regarde bouger et fonctionner autrement que comme un automate.
On va donc parler d'autre chose.

Pour ce qui est de l'écriture du silence, elle rejaillira peut-être un jour, ou jamais.
Comme ces sources qui disparaissent sans qu'on sache le pourquoi de leur mort.

Merci à tous.
Ce devait être aussi compliqué pour vous que pour moi...

Écrit par : Grabuge | 13 décembre 2006

A lire viriginie despentes "king kong théorie" et son chapître sur le viol.
Se soumettre à la pensée dominante qu'on ne peut pas se remettre d'un viol (une idéologie typiquement patriarcale), c'est continuer de se soumettre à la violence du violeur.

Écrit par : lolita | 14 décembre 2006

@ Lolita
Je comprends tout à fait ce que dit Virginie Despentes, mais ces histoires-là sont particulières, il y a une dimension en plus qui a été bien traduite dans le documentaire. En plus de l'agression ou le viol, cet homme intervenait dans la chambre même de ces victimes, en pleine nuit, et il avait coupé l'électricité pour être sûr de ne pas être identifié. Dans l'un des rares lieux où on imagine être toujours en sécurité : son propre lit.

@ Grabuge
Tout l'effet inverse de toi, j'ai été totalement boulversée parceque j'ai vraiment compris la violence que vous avez pu ressentir lors de l'agression et ensuite.

Écrit par : carole | 14 décembre 2006

J'ai passé une partie de l'adolescence de ma fille à vérifier avec qui elle était, avec qui elle rentrait, si elle restait coucher là où se faisait la fête.

Je me revois encore aller faire une de mes rarissimes colères sur elle au camping où, partie avec des copines pour huit jours, j'avais exigé qu'elles soient revenues après 10 heures du soir.

Tout ça pour ne pas être comme cet ami dont la fille, à qui il avait dit qu'il viendrait la chercher car il faisait noir, lui avait répondu qu'elle pouvait prendre le bus. Elle n'est jamais allée plus loin que l'arrêt de bus.

Écrit par : DJ | 16 décembre 2006

Pour autant.

Sans réduire le moins de monde mon regard sur cette douleur-là.

Je crois profondément, et au nom d’une expérience douloureuse autre (disons, pas physique), qu’il faut tout faire pour en sortir, pour mieux que revivre : vivre.

Que, entre autres, il faut fuir les chantres de la Victime, très à la mode aujourd’hui en ces temps outrés d’Outreau, qui souvent furent avant aveugles chantres du Silence.

Une scène fondatrice de cette découverte, pour moi, vient d’un film en tous points unique, la Nuit du Chasseur. Harry Powell, un tueur névropathe, a pu épouser la veuve d’un voleur grâce à un baratin de curaillon relayé par des épiciers bigots, les Spoon. Il tue la femme et poursuit les orphelins. Au moment où il va les trouver chez la femme qui les a recueillis, il est arrêté et jugé. A la sortie de son procès les Spoon, apercevant les enfants, s’abattent sur eux en pleurant : « V’là ces orphelins, ces pauvres petits agneaux de Jésus ! ». Et Miss Cooper, celle qui les a recueillis, celle qui ne leur a jamais posé la moindre question, celle qui les a aidés à se reconstruire sans que rien ne soit dit, de les prendre et partir.

Grabuge, vous toutes, je vous souhaite beaucoup de Miss Cooper et aucun Spoon.

Écrit par : DJ | 16 décembre 2006

salut, je m'apelle sélène

et j'aurai aimer savoir si vous connaissait des personnes qui ont été violée, car j'ai une amie a qui s'est arriver il y a bientot 1 an et elle n'arrive pas a en parler elle la dit a une personne mais elle est tellement perdu qu'elle ne sait pas si elle s'est vraiment faite violé, elle pense qu'elle a fait une erreur qui a fait que ça lui arrive je ne sais pas quoi lui répondre ni quoi lui dire...
mais j'avoue que se n'est pas simple.
répondez moi vite...
car je ne sais vraiment pas quoi faire ni a qui m'adresser.
merci d'avance.

sélène

Écrit par : sélène | 07 avril 2007

@ sélène

Que dire...
Rien qui puisse vous aider, je le crains.

Parce que ce genre de traumatisme est unique pour chacun.
Parce que ça m'est arrivé il y a 12 ans et que je suis toujours à chaque jour plus détruite.
Alors vous donner des conseils ? Franchement, il n'y a pas plus mal placée que moi.

Je pense sincèrement que ça dépend de la nature et de l'histoire de chacune.
Il y a des personnes qui s'en remettent. D'autres pas. Pour un tas de raisons qui n'ont finalement que peu à voir avec le traumatisme initial.

La seule chose que je peux vous conseiller parce que je SAIS à quel point son manque m'a été assassin, c'est d'être toujours à ses côtés et de SON côté. Ne jamais la mettre en doute. Ne jamais "interroger". Être là de façon inconditionnelle.
Donner de l'amour. A profusion. Jusqu'au trop plein s'il le faut.
Parce que le "trou" à l'intérieur d'elle est un puits sans fond à combler.

Écrit par : Grabuge | 07 avril 2007

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