Avertir le modérateur

11 février 2007

Je suis sous... sous... sous...

Georges 1958

 

... en fait, juste "paf"... le Champagne brut après un mois d'abstinence totale, ça dépote !

J'avais envie d'en faire une tartine sur le gimmick Karchérien qui m'énerve le plus, le fameux "Travailler plus pour gagner plus"... ça attendra que les bulles aient disparues des synapses ! 

J'avais déjà dit que Grabuge n'était pas un lieu intime (sauf s'il y avait le feu au lac...) mais il faut que ça sorte d'une manière ou d'une autre.
Ce qui est certain : le lieu adequat aurait été ce pauvre "Éloge de la fuite" déserté... ou "L'Oeuvre au noir" qui démarrait sur son lit d'hôpital mais je ne me sens pas de ranimer des cendres.

Vous attendrez demain pour le billet au vitriol sur les égarements du petit Nicolas.

Alors voilà...
Aujourd'hui, IL a eu 85 ans....
Vous calculez : ça vous fait du 20 ans en 1942 et vous comprenez un peu mieux comment elle a été construite la Grabuge, sur quelles bases, sur quelles notions, sur quels concepts, sur quelles allergies...
On en a d'ailleurs longuement discuté pendant que ma mère (et donc son épouse) regardait qui du tennis, qui la Pimprenelle, qui du patinage artistique...

La mère en question se prénomme Marie-Jeanne pour l'État-Civil.
Sauf que personne au monde depuis sa naissance ne l'a appelée autrement que Suzette.
A son grand désespoir... ma mère a le chic pour se lamenter sur des vieilleries antédiluviennes contre lesquelles elle ne peut rien...

Je leur ai donc fait... les crêpes Suzette qu'Escoffier avait concoctées pour le Prince de Galles et sa maîtresse du moment, une simili-actrice franchement demi-mondaine, prénommée Suzette....
Pâte : farine, oeufs, lait, sucre vanillé, jus de mandarine, beurre liquéfié, curaçao.
Garniture : beurre liquéfié, zestes de mandarines macérés dans le curaçao, sucre, jus de mandarine.

On NE FLAMBE PAS des crêpes Suzette !
Ou alors on appelle ça autrement.

Nous, on s'en lèche encore les babines....

Et puis il y avait la séquence "cadeaux"...
C'est Guitounet, le "vendu à Choc" (mwahahahaha ! g.b., j'en rigole encore des leçons de morale que les Pères-la-Vertu t'assènent avec une bonne conscience qui n'a d'égale que la saleté de leurs fonds de culotte !) qui va être content parce que j'ai pioché dans le fond des Éditions Privé et qu'il a eu le dernier Fontenelle et le Ron l'Infirmier...

Mais là... j'ai fait mes 18 kms retour dans un état second (et pas qu'à cause du champ' !) et je sens que ça va retomber comme n'importe quel soufflé.

Il y a 4 ans, je me disais que je devais compter les jours de vie de mon grand Georges en plus de compter les miens.
Aujourd'hui il est toujours là, diminué physiquement certes mais pas sur d'autres plans, quoiqu'il en dise...
Et je suis toujours là, telle une chatte de gouttière sur un toit brûlant à guetter le signe précurseur, la corneille qui viendra torturer mon tympan en croassant qu'on est partis pour la dégringolade ultime...

Il me parlait cet après-midi de cette faculté d'encolèrement qu'il m'envie et dont la progressive disparition lui semble un des symptômes de l'âge.
Je ne lui disais pas  que la colère ne sert de rien s'il n'y a pas désir de vivre.
Que c'est du "chiqué"... de l'enrobage... du ruban bolduc pour cacher la monstruosité qui gît, tapie à l'intérieur du tout profond...
Qu'on peut paraître incroyablement "vivant" alors que toute la structure intérieure s'est barrée depuis belle lurette...que c'est que de la coquille vide, comme ces oeufs de Pâques russes, super beaux à l'extérieur, comme peints par Fabergé, mais c'est que du trompe-l'oeil, mon bon !

Non... décidément non... tu ne dis pas à ton père, le jour de son anniversaire, que ta simili-fausse-vie se résume à attendre  qu'il disparaisse pour t'échapper à ton tour d'un monde où tu n'as rien à faire.

Tu lui fais des crêpes Suzette.... et tu la fermes...


Bande-son : Trent Reznor - Something I can Never have (Live acoustic)

Commentaires

Entre swami et toi, c'est pas la forme, bazar de zut.
On se connaît pas mais je t'envoie tout plein de bisous malgré tout.

Écrit par : Laurence | 11 février 2007

@ Laurence

Bah.... confonds pas...
Swâmi est dans une mauvaise passe.
Je suis ontologiquement dans "pas de passes du tout"....
Je ne vois pas trop comment te faire comprendre le truc.
Mais ça n'est pas grave...

Écrit par : Grabuge | 11 février 2007

Allons y dans le poncif qui tue (nan pas encore tu as écris) mais des moments sont moins.

Moins que rien, moins que bien, et pas de perspectives.
Mais c'est quoi la structure intérieure qui s'est barrée ? et où ?

Tu es là et au-delà de tes colères (jubilatoires) tu as une réflexion que tu fais partager à d'autres (beaucoup visiblement ;) ).
Et ce que tu donnes à partager ne semble pas être le reflet d'un vide intérieur, bien au contraire (à mes yeux du moins, désolé d'être dans le jugement).

Au plaisir de continuer à te lire encore et encore.
Amicalement

Écrit par : Le CPE | 12 février 2007

On ne peut que se taire.
Le silence né est empli des mots qui s'envolent et te disent bonjour.
En les recevant tu peux pester, rager, t'indigner. Pas grave, ils ont voyagé et sont remplis de...
Chaud! Silence, le vent souffle les bois...Il fait bon fermer ses yeux.
J'imagine les horizons. Tu peux me rejoindre au delà des nuages.

Bisous.

Écrit par : GPMarcel | 12 février 2007

suis en accord avec ce que dit le CPE et vous remercie de nous faire partager votre profonde tendresse ainsi que vos si sincères colères; continuez, je vous en prie et encore merci d'être et d'écrire

Écrit par : colettou | 12 février 2007

quelle coïncidence que ce 11 février !!!
mon grand-papa vénéré (cf mon blog mais tu as sans doute déjà lu ce billet) aurait eu 86 ans hier.

mais hélas il n'est plus.

Je sais bien la santé de ton si cher Georges chancelante, mais force est de constater qu'il s'accroche le bougre !
Pour mon plus grand bonheur pour tout te dire.....

je t'embrasse, et que les bulles continuent de pétiller dans tes yeux !

Écrit par : lalune | 12 février 2007

ça me rend triste ce que tu dis, ça me rapelle que les miens, qui ont à peu près le meme age que les tiens, sont à 1200km et que je n'ai pas l'occasion de les voir souvent...

Écrit par : Lory | 12 février 2007

Dis Grabuge, à l'occasion, tu me feras des crêpes Suzette, hein ?
D'la bise.

Écrit par : bernard Langlois | 12 février 2007

le mien de Georges, il vient d'avoir 87. Il a bien failli lâcher la rampe, quand le malheur nous a fondu dessus au printemps, comme la vérole sur le bas clergé... mais il s'est accroché, alors on lui cache les complications, pour le garder encore. Nous c'est le tarot le dimanche plutôt que les crêpes Suzette. Terrible, hein, de mentir? mais nécessaire, ô combien!

Écrit par : fanny | 12 février 2007

Hier c'était ton George, aujourd'hui mon oncle.
De bons anniversaires à tous donc et désolé de ce commentaire assez convenu.

Écrit par : Anorya | 12 février 2007

Ceux qui nous ont offert le terrible cadeau de la vie, s’ils ont fait ce qu’ils ont pu, ils peuvent partir mais pas leur souvenir, indestructible.

Voici ce que ma fille avait écrit à seize ans, quelques mois après la mort de mon père. C’est cadeau.
....
Ces yeux et ces mains, je sens que si je m'y attarde,
Je pourrai y voir ton histoire, et par là-même celle du monde.

J'aimais, et j'aime encore les sentir sur mes joues,
Et sentir en même temps ce regard profond,
Qui semblait vouloir dire au-delà de ton mutisme forcé :
" Voyez comme je vous aime ".

Les mains d'un grand-père sont un véritable musée,
C'est un des seuls souvenirs qui me reste de toi,
L'image ancrée dans mes pensées,
Celle dont j'aime à me rappeler.

Tu n'as jamais beaucoup parlé,
Mais ces yeux et ces mains me suffisent à savoir
Que pour toi la vie,
C'était rose bonbon et gris tristesse.

Tout ce que tu m'as appris, je le garde au fond de moi,
Et j'espère pouvoir le transmettre avec autant d'émotion que toi.
Les fraises sauvages, les fleurs, les champs,
Choses si banales, tu as su me les rendre merveilleuses !

J'aime à penser que lorsque tu as fermé les portes de la souffrance,
tu t'es scindé en deux :
Le Grand-Père est resté près de nous
Et veille comme le gardien de nos vies,
Et l'homme libre s'en est allé refaire sa vie,
Peut-être meilleure, peut-être pire.

Et qui sait, peut-être qu'un jour au hasard d'un coin de rue,
Je reverrai ces yeux et ces mains,
Mais sois tranquille, je ne ferai que les observer,
Car ils appartiennent déjà à une autre dimension.

Écrit par : Jean D | 12 février 2007

heu,
Je vous demanderai bien de m'épouser, mais j'ai peur de déranger.
Alors si je pouvais venir faire le ménage chez vous, flamboyante écrivaine, agiteuse d'émotions, je le fait gratis.....
Rien que pour pouvoir renifler l'endroit d'ou nous viennent ces perles d'amour desespérées!

Écrit par : olivier de melgueil | 15 février 2007

Aprés relecture, il n'est pas question que vous mettiez à execution vos sombres plans.
"Il" s'en occupera bien tout seul!
Et que deviendrai-je moi?

Écrit par : olivier de melgueil | 15 février 2007

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu